Dialogue avec mon corps

Salut toi, mon petit corps de femme.  Je prends le temps de demander comment tu vas aujourd’hui?   Je ne le fais pas souvent ….  je te prends pour acquis la plupart du temps.

       Je voulais te dire que je suis désolé.  Je suis vraiment désolé de te regarder avec dégout parfois… parce que l’image que je vois n’est pas celle qu’on me projette sur les médias . Que j’essaie d’atteindre cet idéal à grand coup de souffrance pour me prouver que je vaux moi aussi quelque chose. Mais valoir quelque chose par rapport à qui? À quoi?

     Je suis désolé d’avoir déjà perçu tes particularités comme des défauts.. tes limites comme des faiblesses .  De ne pas avoir pas compris que les vergetures sont des petits cadeaux du temps, qu’elles me rappellent que j’ai grandi.  Que ma cellulite est un souvenir que j’ai bien vécu.  Que mes rides sont un signe de sagesse. 

     Je suis désolé d’avoir été violente envers toi. Violente avec mes pensées, mes regards, mes mots à ton égard, mes gestes aussi.  Je suis désolé de ne pas t’avoir nourrit convenablement.. De t’avoir intoxiqué plusieurs fois… D’avoir accepté que d’autres te dévalorise en mot ou en geste. De t’avoir laissé toucher par des mains qui ne le méritaient pas.  De moi ne pas t’avoir donné assez d’amour.

     Mon petit corps de femme, j’apprends aujourd’hui à me pardonner pour tous ces gestes que j’ai posé.  J’apprends à me pardonner de ne pas avoir fait équipe avec toi.  De ne pas avoir reconnu ta valeur à chaque jour.  De ne pas avoir su honorer chaque partie de ta peau, de tes angles, de tes courbes.   De mes cheveux jusqu’à mes pieds, en passant par mes yeux, ma poitrine, mon ventre, mes jambes… Je n’ai pas su te donner l’amour que tu méritais par ce combat intérieur entre ma vision et mon coeur.  Je me pardonne car je sais que faire la paix avec toi te libéreras du coup.

       Je te remercie. Je te remercie de m’avoir permis de danser depuis plus de trente ans, malgré les blessures et la malnutrition. D’avoir toujours gardé la forme . Tu aurais tellement pu me lâcher plus souvent ! 

       Je te remercie de m’avoir permis de porter deux merveilleuses filles en santé. Sans complication physique et dans l’épanouissement.  Je te remercie d’avoir ensuite su reprendre ta forme sans marque apparente.  Comme si tu savais inconsciemment que je portais une grande importance à mon apparence au point où de mémoire tout s’est rétabli sans vergeture, masque, marque ou déformation. C’est comme si tu voulais me ménager pour que ça se passe le plus doucement possible.  Même si moi, je ne te ménageais pas du tout. 

   Je te remercie de m’avoir donné l’énergie d’accomplir tous mes rêves, de tenir le coup, de me rappeler que c’est possible. 

      Je te remercie aussi de m’avoir fait de gros « WAKE UP CALL ».  D’avoir « SHUT DOWN » après des années de surmenage, pour me rappeler c’est qui le BOSS .  D’avoir créé des blessures à des moments où je ne savais pas m’arrêter. D’être tellement réactif que dès que je ne suis pas sur la bonne voie tu tombes malade.  Je te remercie d’avoir été le plus clair possible aux moments où je ne t’écoutais pas .

  Je te remercie de ta patience.  De rester aussi fort, en santé et endurant même quand moi je te combat…. Tu m’envoies de l’amour en me montrant que toi tu restes toujours fonctionnel pour me permettre d’accomplir ma mission.

      Mon petit corps de femme, je t’aime.  Je t’aime et je t’honore.  Je t’aime et je fais le choix de prendre soin de chaque petite partie, pas pour l’apparence mais pour le bien-être.  Pas pour les autres mais pour toi.  Pas pour plaire mais pour être. 

Je t’aime.      

De la tête au pied, du mental à l’âme, à travers le temps et les expériences.

Désole. Pardon. Merci.  Je t’aime

 

     

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